Cumul emploi-retraite des chirurgiens-dentistes : faut-il partir avant 2027 ?

Le cumul emploi-retraite est devenu, ces dernières années, un véritable outil de transition pour de nombreux chirurgiens-dentistes. Il permet de liquider ses droits à la retraite tout en poursuivant une activité, souvent réduite, afin de conserver un lien avec sa patientèle, transmettre progressivement son cabinet ou simplement compléter ses revenus.

Mais cette souplesse va fortement évoluer. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 modifie en profondeur les règles applicables à compter du 1er janvier 2027. Pour les praticiens proches de la retraite, ces changements pourraient avoir un impact important sur le choix de leur date de départ.

Un dispositif aujourd’hui particulièrement avantageux

Le cumul emploi-retraite distingue actuellement deux situations.

  • Le cumul intégral, choisi par près de neuf retraités sur dix, permet de continuer à exercer sans aucune limitation de revenus dès lors que le praticien bénéficie du taux plein (67 ans ou nombre de trimestres requis) et a liquidé l’ensemble de ses régimes de retraite. Depuis la réforme de 2023, les cotisations versées pendant cette nouvelle activité permettent même d’acquérir des droits ouvrant à une seconde pension de retraite.
  • Le cumul partiel concerne les praticiens qui ne remplissent pas les conditions du cumul intégral. Ils peuvent néanmoins poursuivre leur activité, sous réserve que leurs revenus ne dépassent pas le plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026).

Ce qui change au 1er janvier 2027

La réforme marque un véritable changement de philosophie. Entre l’âge légal de départ et 67 ans, le cumul restera possible mais les revenus professionnels seront fortement limités. Le plafond annoncé est de 7 000 € par an (sous réserve du décret d’application). Au-delà, la pension sera réduite de 50 % du dépassement.

À partir de 67 ans, le cumul redeviendra intégral, sans limitation de revenus, avec la possibilité de continuer à acquérir de nouveaux droits à retraite.

Une réforme qui ne concerne pas tout le monde

Les chirurgiens-dentistes dont la retraite prendra effet au plus tard le 1er octobre 2026 conserveront les règles actuelles du cumul emploi-retraite. En revanche, ceux qui liquideront leur retraite à compter du 1er janvier 2027 seront soumis au nouveau dispositif.

Quelles conséquences pour les praticiens ?

Cette réforme risque de modifier les stratégies de fin de carrière. Le cumul emploi-retraite constituait jusqu’à présent un excellent outil pour organiser une transition progressive, transmettre un cabinet ou compléter ses revenus. À partir de 2027, cette stratégie sera nettement moins attractive avant 67 ans, ce qui pourrait conduire certains praticiens à différer leur départ ou, au contraire, à cesser leur activité plus rapidement.

Un sujet à intégrer dans une réflexion patrimoniale globale

Pour les praticiens approchant de la retraite, il devient essentiel d’anticiper la date optimale de liquidation des droits, la transmission du cabinet, ainsi que l’organisation de leurs autres revenus (assurance-vie, PER, immobilier, portefeuille financier…). Quelques mois d’anticipation peuvent parfois avoir des conséquences financières significatives pendant toute la retraite.

Chez Caducées Conseil & Patrimoine, nous recommandons à chaque médecin de réaliser régulièrement une estimation personnalisée de ses futurs droits CARCDSF afin d’identifier un éventuel déficit de revenus à la retraite et de mettre en place les solutions d’épargne les plus adaptées le plus tôt possible.